Semaine 5 – Le business plan (partie 2)

Dans l’article précédent (lien), nous avons commencé à vous parler du Business Plan. Dans cette seconde partie, nous allons aborder les points qui concernent davantage l’administratif !

 

 

Stratégie commerciale

Dans cette partie, il s’agit de définir votre positionnement commercial. En particulier votre valeur ajoutée par rapport au marché existant. Indiquez les valeurs que vous souhaitez transmettre et valoriser (par exemple pour nous : faire perdurer les livres par l’occasion).

Cette stratégie passe aussi par votre politique de communication. Il est important de savoir comment vous allez communiquer sur votre entreprise, vous faire connaître et parler de vous. Cela peut se faire à travers les réseaux sociaux, le site internet, la presse, la communication extérieure (cartes de visite, flyers, …), le financement participatif ou encore par le biais des partenaires et des prescripteurs.  

Dans tous les cas, il est essentiel de se créer un réseau avant la concrétisation finale de votre projet, d’en parler au plus grand nombre afin de la faire connaître. Vous gagnerez en visibilité et peut-être de nouveaux clients et partenaires !

 

Moyens humains et logistiques

Identifiez vos réseaux et partenaires selon le(s) pôle(s) de votre entreprise. Notez-y toutes les personnes que vous avez rencontré et avec lesquelles vous pensez travailler, ce sera une liste non-exhaustive puisque votre projet va aussi évoluer au fil du temps.

Dans un deuxième temps, listez les moyens incorporels de votre entreprise. Ce sont tous les frais immatériels tels que le droit au bail (pas de porte, frais d’agence, caution, …), les frais de constitution (frais de création, …) et les frais de publicité et prospection (communication, inauguration, …). Vous pouvez commencer par faire un tableau provisoire des coûts de chacun pour anticiper le travail à faire avec la BGE (lien) ou la MCTE (lien) ensuite.

Puis, faites la même chose pour les moyens corporels. Il s’agit ici de tous les frais matériels (mobilier, déco, électroménager, matériel informatique, voiture, travaux, …). Évaluez le coût de chacun, puis le coût global (incorporels + corporels).

Une fois ces calculs effectués, essayez d’imaginer la future organisation de votre entreprise, en commençant par l’organisation hebdomadaire pour chaque activité de votre future entreprise (horaires de travail, tâches administratives, de logistique, de communication, …). Si vous êtes plusieurs dans l’entreprise, voyez comment vous pouvez répartir le travail entre chacun.

notre expérience : Nous avons défini des tâches pour chacune ainsi qu’un moment pour l’administratif, mais une fois dans le vif du sujet, nous n’avons pas suivi cette répartition. Les choses se sont faites spontanément. Dès que nous avons un peu de temps, nous faisons certaines des tâches. Chaque “pause” de notre journée est utilisée à cela. Tout se fait au fil de la semaine et non condensé en une matinée ou journée, c’est notre manière de travailler et dans laquelle on se sent le plus efficace.

Il y a également l’organisation interne, cela concerne tout ce qu’il faut faire pour chacun des pôles de votre entreprise. Par exemple pour le salon de thé, nos tâches sont : prendre la commande, préparer les boissons et/ou pâtisseries, gérer les stocks, etc…

Mais aussi, un petit tableau concernant votre potentielle rémunération (soyez les plus réalistes possible !).

 

 

Juridique, fiscal et social

Réfléchissez à la forme juridique de votre entreprise, il en existe de très nombreuses mais voici les plus communes (plus d’infos et de comparaisons : https://www.afecreation.fr/pid1627/comparaison-rapide.html&tp=1) :

  • micro-entrepreneur et EIRL : entrepreneur individuel et indépendant, “petite activité” (pas plus de 33 200€ si activité de services et 82 800€ pour une activité commerciale), les biens personnels sont confondus avec les biens professionnels ;
  • EURL : comme une SARL mais avec un seul associé, capital social à définir selon l’activité et l’associé unique est engagé à hauteur de ses apports ;
  • SARL : minimum deux associés (égalitaires ou majoritaire-minoritaire), capital social à définir selon l’activité, cotisations sociales chaque trimestre même si vous ne vous vous versez pas de salaire (forfait établi par le RSI, mais à voir les modalités de la nouvelle réforme en janvier 2018),
  • SAS : un président et un directeur général, capital social à définir selon l’activité, pas de cotisations sociales mais uniquement quand un salaire est versé (charges un peu plus élevées que pour la SARL : attention à avoir la trésorerie nécessaire pour payer les charges l’année suivante, le RSI comptabilise à N-1).

Pour les sociétés, il y a obligation d’avoir un comptable. Concernant les micro-entrepreneurs, la dénomination va changer et une loi est en train de passer concernant la TVA, le chiffre d’affaire maximum et la gestion par un comptable (autour de janvier 2018).

Dans cette partie, réfléchissez également au capital et à votre apport.

Au niveau fiscal, si vous avez des connaissances à ce sujet, vous pourrez savoir quel régime conviendra à votre entreprise (réel ou réel simplifié) ainsi que votre régime d’imposition (IS, IS réduit, impôt sur le revenu). Le mieux est d’en discuter avec un(e) expert comptable, un(e) avocat(e), un(e) juriste… Ce ou cette professionnel(le) saura vous orienter.

Enfin, la partie sociale concerne votre statut (et celui des autres créateurs s’il y en a avec vous) dans l’entreprise. Votre statut se définira en fonction de vos attentes vis-à-vis de l’entreprise, de son évolution et de ce que vous souhaitez en faire.

 

Dossier financier

Dans cette dernière partie du Business Plan, il va s’agir d’estimer la vente des produits ou services. Vous pourrez calculer provisoirement le panier moyen, le prix de vente moyen de vos services ou produits, le nombre de clients par jour et par mois… Vous y ferez aussi un tableau prévisionnel de votre évolution. Ce dossier financier se fait de préférence avec un organisme qui sera capable de vous aiguiller sur les chiffres.

Cette partie concerne aussi votre chiffre d’affaire, plan de financement, emprunts, besoin en fond de roulement, trésorerie, rentabilité, etc … Soyez réaliste dans vos prévisions, n’en faites pas trop, ni trop peu. Ce sont des calculs très fastidieux et qui doivent être précis, d’où l’intérêt de se faire aider (sauf si c’est votre travail à la base ou que vous vous y connaissez !).

 

 

Aides et Financements

Nous ajoutons cette catégorie pour vous donner quelques pistes d’organismes qui pourront vous aider dans le financement, ce sont ceux que nous connaissons et que nous avons côtoyé pendant la création ! Cette liste est non-exhaustive, il y en a bien d’autres en fonction du type de projet.

Prenez aussi des renseignements directement auprès des banques pour connaître leurs attentes lors de la présentation finale de votre future entreprise pour un prêt. Vous pourrez aussi savoir si votre projet est viable ou ce qu’il faut y modifier pour le concrétiser.

  • FONDES : prêt d’honneur personnel et garantie bancaire à hauteur de 70% pour les femmes → FGIF et 65% pour les hommes jusqu’à 45 000€ remboursable entre 2 et 5 ans ; donne une possibilité à la prime régionale sous conditions (nous avons bénéficié de cette organisme pour augmenter notre apport et nous permettre de faire un prêt bancaire).
  • ADIE : micro-crédit jusqu’à 10 000€ pour les personnes ne pouvant pas avoir de prêt bancaire, qui sont allocataires des minima sociaux ou demandeurs d’emplois.
  • INITIATIVE NANTES : prêt d’honneur personnel entre 2 500€ et 16 000€ remboursable entre 2 et 5 ans.
  • BPI : aide au financement des entreprises (certaines banques le propose directement)
  • RÉSEAU ENTREPRENDRE : prêt d’honneur entre 15 000 et 50 000€ remboursable sur 5 ans, accompagnement par un chef d’entreprise bénévole pendant et après la création jusqu’à 18 mois après, création d’emploi dans les 3 ans.
  • PÔLE-EMPLOI : débloquer le capital avec les indemnités ARE ou les garder pour les premiers mois de la création au lieu de se verser un salaire.
  • CAF : RSA pour travailleur indépendant à partir de 25 ans + prime d’activité.
  • ACCRE : exonération des charges sociales la première année sous conditions : être au RSA, demandeur d’emploi, avoir entre 18 ans et 26 ans…
  • Financement participatif : Ulule, KissKissBankBank, Leetchie, Business Angels…

 

notre expérience : Nous avons rapidement été voir des banques pour avoir des renseignements et des réponses à nos questions. Et dans un deuxième temps, nous sommes retournées les voir avec le Business Plan. Grâce à une directrice d’agence, nous avons pu nous rendre compte de la réalité quant à une demande de prêt et de recherche de local. A cette époque nous voulions nous installer dans un local avec un pas de porte exorbitant (mais qui ne nous paraissait pas insurmontable à la base). Cette personne nous a conseillé de chercher un autre local dans un quartier qui correspondait plus à notre activité et de ne pas nous lancer dans un prêt aussi élevé pour ce genre d’investissement. Les banques sont de plus en plus réticentes à l’idée de financer des pas de porte (ce qui est tout à fait logique).

Pour notre apport, nous avons fait le crowdfunding (nous vous en parlerons bientôt) et nous sommes passées par le FONDES pour obtenir un prêt d’honneur et consolider notre apport à la banque.

 

On espère que ces deux parties sur le Business Plan vous aideront à réaliser votre dossier et à concrétiser votre projet ! Le tout est de connaître son projet dans les moindres détails et d’y croire, vous verrez que les autres vous suivront 🙂

Edwige & Marie

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